SPIRAL ECONOMY

QUAND L'ART CONTEMPORAIN SE RAPPROCHE À LA SCULPTURE NEOCLASSIQUE:

CHARRIÈRE ET CANOVA SE RENCONTRENT DANS LES SALLES DU MUSÉE CORRER

Canova, Venere Italica 1804 Charrière, Spiral Economy

L'exposition se déroule comme un dialogue entre l'artiste contemporain franco-suisse Julian Charrière et le sculpteur Antonio Canova (1757-1822), le plus important representant du Neoclassicisme. Ce rapprochement entre les deux artistes, à travers les espaces du Musée Correr, dévoile la poesie de la matérialité. Charrière rencontre les formes idéalisées de Canova: le marbre se révèle comme corp et fantôme, qui contient la beauté et témoigne un temps très profond. Le matériel même est au centre de la scène: chaque fessure, veinure, nous remettent en mémoire les anciens océans et les pressions métamorphiques.

Les statues du Canova qui sont exposées dans le Musée Correr et qui sont mises en relation avec l'installation de Charrière, sont d'une beauté extraordinaire.

Canova, Dedalus et Icaro 1779
Charrière, Spiral Economy

Dedalus et Icaro fut sculptée entre 1777 et 1779, pour le Procurateur Pietro Vettor Pisani, quand le Canova avait seulement 22 ans. Cette œuvre d'art est un exemple des éléments typiques de l'art de Canova: l'idéalisation, la recherche de la "beauté idéale" dans la composition, et le réalisme dans les détails anatomiques et des objets. Selon le mythe, pour s'échapper du labyrinthe de Minosse à Crete, père et fils décident de créer des ailes de plumes et cire pour s'envoler. Le Canova rappresente le vieux père qui regarde le fils avec une grande attention et inquiétude. D'autre part, le fils est content et ravi, en regardant son aile. Les deux corps se cotrapposent: la figure agée de Dedalus est tendue vers l'avant et elle est marquée par les signes de la sénilité et décadence. Au contraire, le jeune Icaro est courbé sur son dos, pour créer equilibre et symmetrie entre les deux figures, même si'ils sont dans des positions opposées, en formant une espèce de X.

Canova, Venere Italica 1804
Charrière Spiral Economy

La deuxième œuvre est une sculpture extraordinaire: la Venere Italica.
Commandée au Canova en 1804 par le roi Louis de Bourbon-Parme, cette œuvre incarne la beauté idéale et la délicatesse typiques du style de Canova.

Elle représente Vénus, la déesse romaine de l'amour et de la beauté, dans une pose pudique et gracieuse, tentant de couvrir sa nudité avec un drapé. Canova a su capturer la douceur et l'élégance du mouvement dans le marbre, conférant à la statue une légèreté presque éthérée. La "Venere Italica" est souvent considérée comme une réponse italienne à la célèbre "Vénus de Médicis" et témoigne de l'habileté inégalée de Canova à insuffler vie et émotion dans la pierre.

Canova, Orfeo et Euridice 1776
Charrière, Spiral Economy

La dernière composition de Canova du Musée est intitulée «Orfeo et Euridice». Elle est une œuvre qui incarne la maîtrise du néoclassicisme du sculpteur italien. Réalisée à la fin du 18ième siècle, cette sculpture en marbre illustre le moment poignant du mythe d'Orphée et Eurydice, deux figures emblématiques de la mythologie grecque.
Orphée, le musicien légendaire, est représenté en train de tenter de sauver sa bien-aimée Eurydice des enfers, capturant ainsi le drame lié à cette histoire tragique.

Canova réussit à insuffler à la pierre une sensation de mouvement et de vie, grâce à son attention méticuleuse aux détails et à sa capacité à exprimer des émotions humaines universelles. La statue est un témoignage de l'habilité technique de Canova ainsi que de sa capacité à transmettre des récits anciens à travers une esthétique élégante et intemporelle.

L'installation de Charrière nous fait revivre les moments primordials. Le marbre de Canova essaye de reproduire la chair humaine, dans toute sa transparence et beauté, tandis que Charrière évoque une autre vérité: la pierre comme corp vivant, qui n'a pas besoin de similarité avec les êtres humains pour exister.

Spiral Economy nous invite à réfléchir sur l'effort de maîtriser le temps, et plus tôt à se laisser absorbir par les temps planétaires plus profonds, où la matière elle-même devient la suprême gardienne du temps. Elle éveille notre imagination pour nous conduire à mettre en corrélation le magma primordiale et le matériel des œuvres d'art du Canova: le marbre. Voilà qu'on arrive à apprécier l'univers sculptural grâce à des proportions parfaites et une délicatesse extrême qui touche tous nos domaines sensoriels.

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